dimanche 3 juillet 2022

PAIGE VANZANT : LA BELLE DURE À CUIRE...


Je l'avoue, lorsque je tombe sur un combat d'arts martiaux (UFC) à la télé, je suis incapable de le regarder plus de 30 secondes.  Je ne peux supporter de voir ces violents combattants, enfermés dans une cage, se rouer de coups de poings et de pieds, surtout lorsque l'un d'entre eux est en mauvaise posture et encaisse une véritable raclée sans être capable de se défendre.

Suis-je une âme trop sensible ?  Pourtant, je sais apprécier un bon combat de boxe dans lequel les belligérants se cognent sans ménagement et donnent un bon «show».  Suis-je trop sentimental quand je refuse d'endurer trop longtemps le cruel spectacle de deux jeunes femmes au visage amoché et ensanglanté se battre comme des bêtes en cage ?

LA  PASSION  DU  COMBAT

Bien non, ces athlètes féminines bien entraînées ne sont pas forcées de se livrer de telles batailles sans merci.  Pour elles, les arts martiaux c'est un sport qu'elles aiment pratiquer, souvent avec passion.


Parfois, comme dans le cas de l'américaine Paige VanZant, la vie est vraiment un combat, pas seulement une expression prise au figuré.  Pour cette ex-vedette de 28 ans de la UFC, convertie maintenant aux combats à mains nues et à la lutte professionnelle, se battre était dans sa nature dès son enfance de petite «tomboy» à Dayton, en Oregon.
  
UNE  ENFANCE  DE  GARÇON  MANQUÉ

Délaissant les poupées, jouet normal à son âge et à son genre, elle «jouait» plutôt à la boxe avec son frère et les garçons de son voisinage.  C'était déjà une battante.

Elle aimait aussi chasser et pêcher avec son père.  Parce qu'elle adorait tirer du fusil, son paternel l'a surnommée «12 Gauge», un surnom qui lui est resté...

Ses parents possédaient un studio de danse et, pendant treize ans, leur fille a appris le ballet, le jazz et le hip hop, tout en pratiquant le cheerleading à l'école.  Plus tard, elle dira d'ailleurs qu'elle s'est plus souvent blessée en faisant du cheerleading que durant sa carrière en arts martiaux.  Dans cette dernière discipline elle a pourtant subie plusieurs blessures assez graves (dont trois fois des fractures à un bras) lors des combats ou en s'entraînant durement.

CONTRER  L'INTIMIDATION

Bien que, toute jeune, elle aimait déjà la compétition en danse, comme lorsqu'elle «jouait» à la boxe, c'est l'intimidation, dont elle a longtemps été victime à l'école, qui l'a poussée à s'engager dans les arts martiaux.  C'est son père qui lui avait suggéré ce moyen d'apprendre à se défendre elle-même de ses intimidateurs.

Ce groupe de filles qui la harcelait sans cesse en se moquant de son vrai nom de famille (Sletten, qu'elles avaient transformé en «Slutton», qui peut se traduire par «salope» en français) l'ont incité à changer de nom de famille pour VanZant, qui était le nom d'un des étudiants de sa mère et qui sonnait bien à ses oreilles.


LE  COMBAT  DE  SA  VIE
Victime d'un viol collectif après avoir été saoulée, à l'âge de seize ans, elle se sentait détruite, et elle a songé au suicide après ce drame.  C'est sa pratique des arts martiaux, dont le jiu-jitsu, qui lui a redonné confiance en elle, et qui lui a sauvé la vie, écrira-t-elle plus tard, en 2018, dans son auto biographie (Rise : Surviving the Fight of My Life).

On peut dire que Paige VanZant était précoce en tout. Brillante élève à l'école, elle a sauté les étapes en obtenant son diplôme deux ans avant le temps normal.  Ce fut la même chose en arts martiaux.  Elle n'avait que dix-huit ans à peine mais elle était prête à se battre en UFC.  Sauf qu'il fallait avoir 21 ans pour être acceptée.

DES  DÉBUTS  FRACASSANTS

Dès qu'elle a été en âge pour faire son entrée en UFC, VanZant n'a pas raté son coup.  Le 22 novembre 2014, elle défaisait Kailin Curran par mise de combat technique au 3e round.  Sa performance époustouflante lui a valu le titre de «Fight of the Night».  Une récompense très rare pour une combattante aussi jeune !

Ces débuts fracassants feront grande impression.  Après ce tout premier triomphe, elle devient populaire et elle signe une entente de commandite avec la prestigieuse compagnie Reebok.  Les médias, ainsi que d'autres combattantes de la UFC, déclenchent une controverse en disant qu'après seulement un combat, Paige ne peut avoir eu cette commandite qu'en raison de sa beauté, et non pas parce qu'elle a fait réellement ses preuves.  

Dana White, le président de la UFC, défend VanZant en affirmant que, si elle a décroché cette commandite, c'est parce qu'elle est populaire, qu'elle a un énorme potentiel, et une belle...personnalité !  D'autres contrats de mannequinage suivront, notamment avec Nike et Columbia Sportswear.

UNE  GAGNANTE  DANS  TOUT

Dans la cage de combat, Paige VanZant s'est taillée une réputation de dure à cuire, avec son style agressif.  Elle remportera plusieurs autres belles victoires (sept) en UFC mais elle subira aussi des défaites démoralisantes (cinq) qui la feront souvent pleurer, elle qui déteste tellement perdre et qui est habituée de gagner dans tout ce qu'elle entreprend, dans l'arène comme à l'extérieur de celle-ci.


Danseuse émérite et vedette sportive, c'était naturel que Paige VanZant participe à la populaire émission de télé "Dancing with the Stars", en mars 2016.  Avec son partenaire, le danseur professionnel Mark Ballas, elle terminera la compétition en deuxième place.

Elle se reprendra l'année suivante en remportant la compétition de cuisine "Chopped" (sur le Food Network) parmi quinze autres célébrités dont LaMarr Woodley, Mariel Zagunis, et Dorothy Hamill.

ADIEU  LE  GARÇON  MANQUÉ

En 2018, Paige révèle qu'elle a subi une chirurgie pour une augmentation mammaire.  Elle a expliqué : «Je suis une fille et j'ai toujours voulu mes propres seins.  Ils ne sont jamais venus, alors je les ai achetés.»  Celle qui était considérée comme un «garçon manqué» dans sa prime jeunesse, prenait en quelque sorte sa revanche, et elle confirmait que ce qu'elle désire vraiment fort, elle prend toujours les moyens pour l'obtenir !

D'ailleurs, elle rejette le stéréotype voulant qu'une combattante, comme elle, soit nécessairement agressive et sauvage.  «Ce n'est pas ce que je suis.  Je suis une fille super féminine (girly girl) qui se trouve, par hasard, à aimer frapper des gens au visage.»


C'est peut-être cette remarquable force de caractère qui, la même année, a conduit son prétendant, et futur époux, le lutteur Austin Vanderford, à lui demander sa main (janvier 2018).

Après deux défaites dans ses premiers combats à mains nues, VanZant refuse, pour le moment, d'envisager la retraite.  Mais, au cours des dernières années, ses prestations sur les réseaux sociaux (dont 3,2 millions de followers sur Instagram) lui ont fait gagner plus d'argent (sa fortune est évaluée à un million de dollars u.s.) que sa carrière dans les arts martiaux.

COVER  GIRL

En 2019, Paige a posé pour la fameuse édition des maillots de bain de la revue Sports Illustrated.  Surprise que les responsables de la revue l'aient demandée pour cette prestigieuse séance photos, elle dira que c'est la preuve que l'on peut être à la fois belle et dure à cuire (badass).


ACTIVISTE  CONTRE  L'INTIMIDATION

Parce qu'elle a vécu l'enfer de l'intimidation à l'école, cette cause lui tient à coeur.  C'est pourquoi, depuis quelques années, elle s'implique pour combattre ce fléau, en donnant des conférences et en encourageant les jeunes filles qui vivent la même chose qu'elle, quand elle était au high school.

«J'espère vraiment inspirer les jeunes filles, étant quelqu'un qui a été très intimidé.  J'ai dû quitter l'école parce que ça allait tellement mal.  Une partie de moi-même veut leur montrer tous mes succès, seulement pour leur démontrer qu'elles (ses intimidatrices) n'ont pas pu me briser» (...)

Elle poursuit, à l'intention des jeunes filles intimidées : «Il peut sembler que le monde s'écroule, mais il y a une lumière au bout du tunnel.  Et il y aura de bonnes choses qui viendront de ces expériences traumatisantes.» (...) «Vous n'avez pas à jouer les victimes.  Vous pouvez être des survivantes et des combattantes.»


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jeudi 19 novembre 2020

NOSTALGIE : LES FILLES DE CHEZ FERRARI...


Pendant près de vingt-cinq ans, jusqu'en 2014, la très renommée écurie de formule 1 Ferrari et le cigarettier Marlboro ont été associés dans l'industrie de la course automobile de haut niveau. L'implication de Marlboro dans cette discipline sportive prestigieuse remontait même à une vingtaine d'années avant cette association avec Ferrari. Le manufacturier de cigarettes et de produits pour fumeurs commanditait également les courses de motos (Moto GP).



Pour afficher leur relation d'affaires, aux abords des pistes de course des Grands Prix de F-1, les deux entreprises ont eu recours à de charmantes représentantes.  Appelées "Grid Girls", "Pit Girls", ou "Umbrella Girls", ces filles, recrutées souvent dans des agences de mannequins, ne passaient pas inaperçues -c'était le but- dans leur costume sexy.  Elles attiraient tous les regards, vêtues de leur pantalon moulant, rouge flamboyant, et de leur bustier seyant, laissant leur ventre et leur dos à découvert.


Dans ces tenues mettant en valeur leurs courbes voluptueuses et leur silhouette "racée" (à l'image des voitures Ferrari !), les Marlboro Girls faisaient les délices des photographes.  Certains ont délaissé le portrait classique montrant leurs modèles de face, à partir de la taille. Ils ont plutôt abaissé l'objectif de leur caméra pour faire admirer leurs sujets de dos, en particulier le postérieur ! Cela a produit tout un effet !


Mais cette époque des Grid Girls sexy sur les circuits de Formule Un est maintenant révolue.  D'abord, il y a déjà plus d'une décennie, l'affichage public des marques de commerce des compagnies de produits du tabac a été banni.  D'autant plus dans les événements sportifs car, si le sport est bon pour la santé, c'est plutôt le contraire pour la cigarette.

Puis, plus récemment, ce fut au tour des Grid Girls elles-mêmes d'être bannies des Grands Prix de course automobile.  Leur présence, leur rôle, leur habillement, leur comportement étaient jugées non conformes à l'image de marque que les dirigeants de la F-1 désiraient pour leur sport.  De leur côté, il y a déjà longtemps que les féministes dénonçaient le sexisme des patrons des grandes organisations sportives qui emploient des femmes-objets dans des fonctions dévalorisantes.


Bien sûr, plusieurs Pit Girls ont désapprouvé leur congédiement.  Dans leur optique, leur travail était celui de mannequin.  Ce qui le rendait tout à fait correct et légitime.  C'est un peu le même dilemme pour les emplois de cheerleaders dans les sports professionnels comme le football et le basket-ball (ou les Ice Girls au hockey).  Les filles se considèrent comme des athlètes elles-mêmes.

Quoi qu'il en soit, la tendance contre l'association "filles sexy-sports" est lourde, et il y a peu de chance d'un retour en arrière.  Restent les beaux souvenirs, et les belles images de cette époque que d'aucuns chérissent et d'autres condamnent.
 

Autre texte et un diaporama sur le même sujet dans mon blogue TROP SEXY POUR LE SPORT
(http://tropsexypourlesport.blogspot.com/2011/01/les-filles-de-chez-marlboro-sont-elles.html).

dimanche 26 juillet 2015

EUGENIE BOUCHARD MARCHE-T-ELLE TOUJOURS DANS LES PAS DE SHARAPOVA ?


L'ascension de la jeune Canadienne Eugenie Bouchard a été fulgurante dans le monde du tennis professionnel.  Un peu comme celle de Maria Sharapova, son idole d'enfance, une dizaine d'années auparavant.  Cette dernière a triomphé à Wimbledon alors qu'elle n'avait que dix-sept ans.  En 2012, à dix-huit ans, celle qui préfère se faire appeler "Genie", a aussi remporté le prestigieux tournoi anglais, mais dans la catégorie junior, cependant.  Une fois rendue chez les professionnelles, elle croyait bien pouvoir imiter son modèle l'an passé, lorsqu'elle a atteint la finale de Wimbledon contre Petra Kvitova.  Mais celle-ci ne lui a donné aucune chance en la battant décisivement.  Durant ce match, j'imagine que tout le monde a remarqué que la championne a parfois lancé des regards mauvais à sa jeune rivale.  Ce qui est significatif, à mon avis.


PETRA  KVITOVA
L'attitude et le comportement de Bouchard, depuis son entrée chez les pros, doivent en irriter plusieurs parmi ses consoeurs de la WTA.  Sans parler de son langage, autant corporel que verbal, qui peut s'avérer arrogant et suffisant, à la limite...  Montrer sa belle confiance en étant "cool" sur le terrain, et avoir visiblement du plaisir en jouant les princesses avec le jet-set international, sur la scène mondaine, ça peut passer quand vous gagnez régulièrement, mais lorsque vous vous mettez à perdre souvent, on ne se gêne pas pour vous faire des reproches et se moquer de vous.  La recette est vieille comme le monde : lorsque vous êtes au sommet, on vous envie et on vous jalouse; lorsque ça va moins bien, on vous descend et on vous méprise...  Ça semble être devenu le lot d'Eugenie depuis quelque temps. 



En pleurs après cette cuisante défaite, à Londres, contre l'imposante Kvitova, la native du huppé quartier Wetmount, à Montréal, n'a plus été la même par la suite, du moins, sur les courts de tennis.  Cette année, elle connaît jusqu'ici une saison atroce.  Elle semble perdue et ne pas avoir de solution pour corriger son jeu erratique.  Ses nombreux admirateurs, qui, l'an passé avaient formé la "Genie Army", sont désolés et incrédules.  La foule des fans qui, à leur suite, avaient sauté dans le train de popularité de la mignonne blonde québécoise, commencent déjà à débarquer.  Bien qu'elle croit fermement qu'elle va bientôt faire tourner le vent en sa faveur, Eugenie n'a pu s'empêcher de le remarquer avec une certaine amertume.  Les déboires actuels de Bouchard peuvent s'expliquer de plusieurs façons, bien que l'on ne puisse évidemment pas en être sûrs.


On peut porter des jugements de gérants d'estrade sur les performances et la vie "hors-terrain" d'Eugenie Bouchard, mais l'avis des experts ou des gens qui la côtoient a bien plus de valeur.  Même si elle se dit fatiguée d'être comparée à Maria Sharapova (photographiée ci-contre avec elle, à Miami, alors qu'Eugenie était une enfant) parce qu'elle veut être reconnue en tant que "Genie" et personne d'autre, Bouchard aurait avantage à écouter les conseils de la championne russe.

Sharapova a elle aussi connu des difficultés après ses premiers succès, et si elle est parvenue à les surmonter c'est à cause de son entourage : «Pour moi, la décision la plus importante n'a rien eu à voir avec le tennis, mais bien avec les personnes avec qui j'ai décidé de m'entourer et qui ont fait les bons choix pour moi.  À cet âge, c'est difficile de choisir, on a beaucoup d'opportunités qui s'offre à nous, certaines extrêmement emballantes pour une jeune femme : participer à des grands événements, rencontre des vedettes, se retrouver en couverture de grands magazines.» (...) «Ce sont des choses très "cool" pour une jeune fille et je me suis amusée, mais il ne faut pas oublier que c'est le fait de gagner des matchs de tennis qui m'a amené là», souligne à juste titre celle qui est devenue l'athlète féminine la plus riche de la planète.

Sans oser penser que Mademoiselle Bouchard va imiter son ancienne idole à ce chapitre, il faut dire qu'elle est bien partie avec des gains de plus de 4 millions de dollars grâce à ses exploits sur le circuit de la WTA.  D'ailleurs, des firmes spécialisées en marketing estiment que la jolie et sexy Genie est présentement la sportive qui a le plus grand potentiel "commercial".  




Eugenie Bouchard a suivi le parcours typique des athlètes d'exception.  Comme Sharapova, elle a été rapidement obsédée par son sport et elle a commencé à le pratiquer dès sa tendre enfance.  Talentueuse, elle a sacrifié la vie normale d'une fillette pour s'améliorer sans cesse, au prix de longues heures d'un dur entraînement, pendant que les enfants de son âge s'amusaient avec leurs amis.

Comme tous les sportifs qui réussissent, celle qui a été la première Canadienne (autant chez les hommes que chez les femmes) à atteindre une finale d'un tournoi du grand chelem), a démontré énormément d'intensité et de détermination.  Elle a toujours cru en elle.  Et ses parents aussi puisque, quand elle a eu douze ans, ils ont déménagé la famille à Miami pour que Genie -et sa soeur jumelle Béatrice- bénéficient des meilleurs entraîneurs et des meilleurs sites d'entraînement pour le tennis.  Encore là, Bouchard suivait les traces de Sharapova qui, adolescente, avait quitté la Russie pour la Floride.



Si elle a surpris le monde du tennis en remportant beaucoup de succès dès le début de sa carrière, Eugenie Bouchard a encore plus étonné par les réponses qu'elle donnait quand on l'interrogeait à ce sujet.  «Chaque poussée victorieuse que j'ai réussie ne m'a jamais surprise, parce que j'y ai mis dix ans de dur travail», explique-t-elle souvent pour justifier l'exploit qu'elle a réalisé en passant en très peu de temps du 144e au 7e rang du classement mondial des joueuses de la WTA.

Si bien préparée qu'elle ait été, Genie doit s'adapter comme toutes les autres jeunes prodiges de la raquette.  Ses adversaires la connaissent maintenant mieux.  On a étudié et analysé son jeu.  Ses forces et ses faiblesses ne sont plus des secrets.  On est mieux préparé à l'affronter.  Des blessures, notamment à l'abdomen, ont aussi ralenti celle qui a remporté son premier tournoi d'importance à Nuremberg, l'an dernier, après avoir été nommée "Révélation de l'année" en 2013.  Après être tombée en panne cette saison, Bouchard a glissé en 26e position au classement de la WTA.



C'est une chose extrêmement ardue de se hisser parmi les meilleures joueuses de tennis au monde.  Ce l'est encore plus de demeurer parmi cette élite, comme le rappelle encore une fois Maria Sharapova : «Ça prend du temps pour être capable de rester au sommet et de prouver qu'on est capable de demeurer parmi les meilleures.  J'ai gagné Wimbledon lorsque j'avais 17 ans et je croyais que j'allais gagner tous les matchs par la suite.  Ça m'a pris du temps pour réaliser que la réalité allait être bien différente» d'ajouter la reine de beauté russe, qui a connu un long passage à vide quand elle tentait de récupérer tant bien que mal après une opération chirurgicale à l'épaule.

Les choses ont également commencé à se détériorer quand Eugenie Bouchard s'est brouillée avec son entraîneur de longue date (huit ans) Nick Saviano.  On se rappelle que Genie a piqué toute une colère à l'endroit de son coach, durant un entraînement à Roland-Garros en juin 2014, le jour précédant sa défaite en demi-finale du tournoi français, contre Sharapova.  Claquant furieusement une balle en-dehors du court, elle avait crié à Saviano : «Alors, à la base, je n'ai pas la permission de te dire mon opinion ?».  Quelques semaines plus tard elle mettait fin à sa longue et fructueuse association avec Saviano (photo ci-dessous) en le remplaçant par Sam Sumyk.


Ce changement n'a pas encore rapporté les dividendes escomptés...  Pendant les matchs de Bouchard, l'an passé, on voyait souvent Saviano hocher négativement de la tête quand sa protégée manquait des coups faciles.  Il n'aimait pas non plus la fâcheuse habitude qu'avait Genie de tarder à se mettre en marche à chaque début de match.  Elle devait presque constamment revenir de l'arrière pour renverser le cours des parties.



Cette saison, elle en est incapable.  Saviano était certes sévère et très exigeant, mais c'est manifestement ce que ça prenait pour pousser Bouchard.  Est-ce que la jeune vedette a pu souffrir d'un excès de confiance et se penser déjà trop bonne pour endurer le dur régime et les réprimandes de son réputé coach ?

On peut aussi se demander si tout le tourbillon médiatique autour d'elle, et toutes les distractions causées par ses multitudes participations à des fêtes ou à des activités de promotion de tous genres, ne lui ont pas fait perdre le focus sur son tennis.  Sans compter toutes ces obligations reliées à des commandites ou des publicités pour Nike ou Coca-Cola.  On l'a aussi vu se payer du bon temps avec des célébrités comme Drake, Justin Bieber, Jim Parsons, Kevin Hart, Billy Bush, Will Ferrell et bien d'autres.

Bouchard adore également le monde de la mode.  Elle a signé un contrat pour être associée à l'agence de mannequins IMG et elle a posé, entre autres, pour les revues FLARE (photo ci-dessous), VOGUE et ELLE QUÉBEC.  Elle revendique le droit de bien paraître dans des tenues de mode et d'afficher ainsi son côté "fille".  Mais prend-t-elle maintenant trop de plaisir à tremper dans le monde accaparant du show-business ?  Est-elle aussi passionnée qu'avant pour son sport ?  A-t-elle autant soif de victoire ?  On l'a entendu dire après une récente défaite que ce n'était pas la fin du monde, et qu'elle songe déjà à son après-carrière. 


Lorsqu'on lui demande si elle ne subit pas cette année une pression supplémentaire, considérant le succès qu'elle a eu en 2013 et en 2014, elle répond avec défiance que plus elle a de la pression, plus elle aime ça : «emmenez-en de la pression», ajoute-t-elle.



L'expert québécois en tennis, le vénérable Eugène Lapierre, a noté lui aussi les problèmes qui semblent affecter Bouchard.  D'après lui, ses insuccès de cette saison ne sont pas attribuables à un manque de talent ou de lucidité.  Fort de sa longue expérience, Lapierre affirme qu'il ne faut pas paniquer dans le cas de Genie.  Elle n'a que 21 ans et c'est normal qu'elle commette des erreurs de jeunesse.  D'ailleurs, à ses yeux, ce n'est pas tant son jeu qui est préoccupant : «C'est dans sa tête que ça se passe.  Elle doit régler ses problèmes autour d'elle.  Changer sa façon de se préparer notamment» (...) «On la sent moins concentrée quand elle se présente sur le terrain.  Elle doit retrouver le plaisir de jouer... Prendre le temps de régler ses bobos physiquement.»



À n'en pas douter, "l'effet" de la grande beauté d'Eugenie dans les médias sociaux -plus de deux millions de fans la suivent, parmi lesquels plusieurs lui envoient des déclarations d'amour-, ou traditionnels, représente un danger.  D'autres joueuses au physique superbe, comme Anna Kournikova (photo ci-dessus) ou Ana Ivanovic (photo ci-dessous) se sont laissées happer dans les remous d'un tapage publicitaire qui a fini par les subjuguer.  Leurs performances, sur les terrains de tennis, en ont souffert.  Il ne faudrait pas que ça se produise dans le cas de Genie.  Elle doit être forte mentalement, apprendre des expériences vécues par les autres belles du tennis, et savoir mieux s'entourer de personnes compétentes, à qui elle pourra se fier pour déterminer ce qui est vraiment bon pour elle et sa carrière.



En jeune femme "cool" et bien de son temps, Bouchard a parfois tendance à se laisser aller, sans réfléchir, à son "feeling" du moment.  Pour elle, le sport professionnel comporte une part de spectacle et de divertissement auquel elle participe en essayant de s'amuser un peu.  En janvier dernier, après un match en Australie, un reporter s'est amené sur le terrain et, la complimentant sur son "look", il lui a demandé de faire un tour complet sur elle-même (vidéo ci-dessous), comme si elle était dans une parade de mode.  Genie s'est exécutée mais elle s'est sentie un peu gênée et elle s'est cachée le visage dans les mains.  Les féministes, dont l'ex-championne de tennis Billie Jean King, ont taxé le reporter de "sexiste", et elles ont condamné son comportement.  L'incident a été baptisé du nom de "Twirlgate" et il fait encore beaucoup jaser.  Les opinions sont partagées à ce sujet.  Bouchard elle-même ne s'en formalise pas.

Comme c'est le cas aussi pour une autre histoire, qui s'est produite encore après un match en Australie l'an dernier, quand une commentatrice lui a demandée quel serait son petit ami idéal pour une sortie "en amoureux".  Jouant le jeu, pour rigoler et faire rire les spectateurs, Eugenie a mentionné le nom de Justin Bieber.


Toujours dans le même pays, cette année, après une victoire contre Serena Williams, Bouchard a commenté avec humour le manque d'énergie de sa rivale américaine en disant que celle-ci aurait peut-être eu besoin d'un autre café.  Dans un match précédent, Williams, fatiguée, avait demandé une pause et...un café pour se remonter parce qu'elle se sentait à plat...  La super championne américaine n'a pas dû apprécier l'humour de la Québécoise... 



Si la jeune vedette Canadienne aime soigner son image c'est également parce que c'est dans l'air du temps pour les "tennis women" d'aujourd'hui.  Chaque joueuse, surtout si elle a belle apparence, possède un certain potentiel "commercialisable" dans le "sport-spectacle", à l'ère de FaceBook et de Twitter.  Il en résulte une sorte de pression supplémentaire.  Une pression qui, si elle est exagérée, peut être mal gérée.

Après avoir sacrifié une grande partie de son enfance afin de réaliser son rêve de devenir une des meilleures joueuses de tennis au monde, il est possiblement normal qu'Eugenie Bouchard cherche à rattraper le bon temps perdu en s'amusant enfin.  Surtout quand les opportunités de le faire se présentent en aussi grand nombre, à un si jeune âge.  Mais, au tennis, -comme dans le sport professionnel en général-, rendue à ce niveau d'excellence, rien n'est jamais acquis.  Il faut inlassablement s'améliorer et raffiner son jeu pour demeurer au sommet.


Malgré les feux de la rampe et la rançon de la gloire, Maria Sharapova a compris qu'il faut toujours se réinventer, donner son maximum et garder les pieds sur terre.  C'est bien beau la confiance en soi, mais avoir peur de glisser dans la médiocrité, et de perdre, est aussi sain et salutaire pour rester sur le qui-vive et faire face avec succès aux défis et aux obstacles qui ne manquent pas de se dresser tout le long du chemin.



Eugenie Bouchard marchera-t-elle dans les pas de Sharapova ou se perdra-t-elle dans ceux de Kournikova ?  Seul l'avenir nous le dira...  Genie a encore beaucoup de temps devant elle pour prouver à ses détracteurs qu'ils font fausse route en lançant la serviette à son sujet.  Mais qui sait si une autre jeune Canadienne, la très athlétique Françoise Abanda (photo ci-dessus), 18 ans, ne pourra pas un jour damer le pion à Bouchard.  Une fois son développement physique achevé et son jeu suffisamment poli, cette autre jolie joueuse native de Montréal pourrait faire elle aussi tourner bien des têtes.


* * *

Histoire de s'amuser, que pourrait dire Justin Bieber s'il était vraiment l'amoureux de Genie et qu'il voudrait la supporter en ces temps difficiles pour elle.  Il lui chanterait peut-être sa chanson "UP".  Je l'ai intégrée dans le diaporama ci-dessous...